Le Navet

Le navet est considéré comme un vieux légume, idéal dans les soupes, à forte teneur en eau et faible en calorie.


 

Le navet serait issu de la Chine comme d’autres plantes potagères de l’espèce « Brassica rapa ». On entend cependant souvent qu’on l’a découvert dans le bassin Méditerranéen. Il s’agit peut-être de deux lignées différentes, ce qui crée cette confusion. Il serait consommé depuis plus de 4000 ans.

Les Grecs et les Romains en cultivaient de nombreuses variétés. On le reconnait, dès le premier siècle, dans des textes écrit par Pline l’Ancien (écrivain et naturaliste romain). Il apparait sous les noms de « rapa » ou encore de « napus ». On le trouve sous plusieurs formes : allongé, plat ou rond.

 

Dès le début de notre ère, nous savons que le navet était consommé, en France, aussi bien par les hommes que pour nourrir les élevages d’animaux.

Il est fortement consommé par les Anglais en bouillie ou rôti. On le retrouve dans le traditionnel « Sunday Roast » d’hiver, (beef servi le dimanche accompagné de légumes de saison).

 

En 1541, Jacques Cartier l’importe en Amérique. On le considère comme l’un des premiers légumes de France à être cultivé en Nouvelle-France avec la laitue et le chou.

 

(source : http://www.lesjardinslaurentiens.com/navets_histoire.html)

 

C’est au 11 ème siècle qu’apparait le terme « Navet » ou plutôt « Naviet » à l’époque, issus de l’ancien Français « nef » hérité du latin « napus ». « Nef » fut vite abandonné au risque d’être confondu avec un bateau.

 

En France, on le considérait comme un légume du peuple car il poussait sur les terres les moins fertiles et était répandu. Il était peu cher et accessible à toutes les classes sociales. Avec le temps, la haute société l’a mis dans ses menus, et le navet est devenu au fil des ans un légume consommé par toutes les classes sociales. Aujourd’hui, on favorise sa culture dans des terres riches en potasse et phosphore, qui n’ont pas trop de calcaire et ne manquent pas d’eau.

 

Le navet est une racine issue d’une plante herbacée de la famille des Brassicacées.

Cette famille regroupe essentiellement des plantes herbacées présentes dans l’hémisphère nord. On y retrouve le chou, le colza ou le cresson par exemple.

 

On peut consommer du Navet, sa racine mais également ses feuilles selon la variété.

 

La racine du navet peut être violette et blanche, ou encore blanche, gris-noire ou jaune pâle. Elle est charnue et prend une forme différente (cylindrique, conique, sphérique…) selon sa variété. Ses feuilles sont vertes et ses fleurs jaunes.

 

 

Composition – Culture

 

En Europe, on relate plus de 150 variétés dont 25 sont inscrites au catalogue officiel en France.

Les navets sont bisannuels, ils reviennent deux fois par an. On les sème de mi-février à Avril pour la récolte du printemps et en Juillet et Août pour la récolte d’Automne.

 

En France, on produirait plus de 54 000 tonnes de navets par an. La Bretagne, le Nord-Pas-de-Calais et la Basse-Normandie sont les régions les plus productives.

 

La France est le troisième producteur après le Royaume-Uni et l’Italie. Près de 300 000 tonnes sont produites par an en Europe.

 

« Sources : Production française à destination du frais en tonnes : source Agreste – SAA, moyenne 2015-2017
Production européenne en tonnes : source Eurostat, moyenne 2014-16
 »

 

 

Vertus :

 

Le navet est un aliment faible en calorie. Nous allons parler ici en valeur pour 100 grammes de navet cuit.

Le navet représente 21kcal pour 100 gr. Il accompagne donc très bien un régime alimentaire faible en calorie ou pour alléger un plat plutôt lourd.

 

En revanche, ce légume rempli 3 % des valeurs nutritionnelles journalières recommandées en sucre avec 3,1 gr de glucide pour 100 gr.

C’est un légume gorgé d’eau et avec un apport intéressant (9% des VNR) en fibre, idéal pour un bon transit intestinal.

Source de magnésium, il aidera au bon développement des os, à la construction des protéines, et au bon fonctionnement du système immunitaire.

Il est riche en potassium (permettant un bon fonctionnement des reins, du cœur et des muscles) et en vitamine C.

C’est donc un légume incontournable pour affronter les temps d’hiver et se sentir en pleine forme.

 

 

Consommer du navet:

 

Le navet se choisit ferme et sans meurtrissure ou tache. On le conserve au frigo mais il faut le consommer rapidement car il a vite tendance à flétrir.

 

Comme la pomme de terre, le navet peut se consommer en frite, purée, croquette, rôti, sauté, à l’eau ou au four. Il est un élément essentiel du pot au feu, accompagne très bien une viande et se marie très bien avec d’autres légumes dans une soupe.

 

On peut également le glacer, le farcir ou le bouillir.

Lorsqu’il est jeune, le navet peut se consommer avec la peau. Pour cela, veillez à choisir un navet issu de l’agriculture biologique pour éviter l’absorption de pesticides.

 

La racine du navet peut être consommée crue, en salade, pelée, tranchée ou coupée en cube.

On peut consommer également les feuilles de certaines variétés comme le « seven top » et le « shogoin », en salade.

 

On peut faire germer les graines ou les consommer comme assaisonnement pour relever par exemple notre salade.

 

 

En savoir plus :

 

Le mot « navet »  est aussi utilisé pour désigner un mauvais film. Plusieurs théories à ce sujet. Ceci serait dû à l’aspect peu engageant et au goût jugé fade du navet.

 

Au 8ème siècle, il paraitrait que l’on utilisait déjà le mot navet pour désigner une valeur minime ou en signe de nullité par l’image renvoyée du navet dans la conscience collective. Cela car le navet était un produit de faible coût, à l’accès facile puisque très répandu et accessible à tous. C’était aussi un légume de période de guerre.

Au 16ème siècle, on utilisait une variante du mot navet : « naveaulx » comme expression de refus.

 

Claude Duneton, écrivain né en 1935, propose une autre explication à l’utilisation du terme navet dans le cinéma :
« À Rome, dans le jardin du Belvédère, se trouve depuis longtemps une statue antique d’Apollon, longtemps considérée comme un symbole de la perfection.
Mais à la fin du XVIIIe siècle, les jeunes artistes français qui passaient là-bas n’étaient pas complètement d’accord avec cette perception de la haute qualité de l’œuvre et la surnommaient “le navet épluché” en raison de sa blancheur et de la forme allongée et lisse des membres sans musculature apparente.
Cette statue ayant été transférée à Paris par Napoléon en 1798 (mais elle est retournée à Rome depuis), la moquerie l’accompagna et le terme péjoratif fini par s’étendre, au milieu du XIXe, aux tableaux mal dessinés ou mal peints.
Et lorsque la cinématographie prit de l’ampleur, c’est assez naturellement que le ‘navet’ désigna des films bâclés, sans intérêt ou ne répondant pas aux attentes des spectateurs. »

 

Source : http://www.expressio.fr/expressions/un-navet.php